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Lookbook Collection Automne-hiver 2026

C’est l’hiver, l’occasion de se blottir au coin du feu et de se raconter des histoires brodées.

Nous vous avons concocté un conte fabuleux, un récit chimérique avec des bestioles farfelues et des objets magiques. Nous avons mélangé nos souvenirs d’enfance, de rêveries et de frayeurs nocturnes avec un zeste d’idées baroques sorties de nos chapeaux.

Appropriez-vous les personnages facétieux et attachants de ce recueil, notre zoo miroir du monde des hommes. Construisez, avec autant de plaisir que nous avons eu à en dessiner les acteurs, votre mini-univers sur le paysage de vos vêtements. Fabriquez votre farfelu vestiaire, votre monde enchanté.

Il était une fois, un mini monde cousu de fils d’or et de poussières d’étoiles, habité par un goupil nommé Mister Rusé. C’était un mini renard, et bien qu’il soit de taille parfaite pour son micro royaume, il rêvait de grandeur. Au sens propre.

Dans chacun de ses fréquents rêves de narcoleptique chronique, il partait courir dans la prairie et grandissait à chaque foulée jusqu’à pouvoir enjamber les arbres, les villages, les montagnes… et se réveiller, minuscule à nouveau, au milieu des herbes folles, roulé en boule entre deux marguerites, son ambition à ravaler au petit déjeuner.

Ce matin-là, Mister Rusé se réveilla sur une feuille de cœur, délicate comme un serment d’amour et légère comme une idée de génie avant le premier café. À ses côtés se trouvait un étrange miroir aux contours fondus et à la surface mouvante comme une flaque caressée par le vent. Il y contempla son reflet fluide et flou lorsque le miroir lui balança une prophétie tout aussi floue : « Tu deviendras grand… si tu apprends à te perdre. »

Mister Rusé s’empara de sa baguette magique — au cas où, ça peut toujours servir — et partit à la recherche de l’égarement qui le ferait enfin grandir et rester immense même éveillé.

Son chemin le mena dans un dédale de rubans rouges et noirs, où les symboles d’un jeu de cartes prenaient vie : piques acérés comme des sarcasmes, cœurs battants à chaque pas, trèfles moelleux sous les pieds, et carreaux labyrinthiques, dans lesquels Mister Rusé s’engouffra avec la certitude de s’y perdre et de pouvoir enfin grandir. Mais à peine égaré, la fatigue gagna et il s’endormit profondément.

À son réveil, il survolait les méandres des cartes à jouer, arraché du labyrinthe par l’as de cœur montgolfière. Il contemplait avec regret ce paysage s’éloigner lorsqu’il fut interpellé par un corbeau, perché sur le bord de la nacelle et tenant dans son bec un camembert, qui l’observait avec suspicion.

« Encore toi, rusé bavard ? Tu veux mon fromage ? »

Mais Mister Rusé, entre deux bâillements, répondit :

« Non, cher poète. Le fromage fond, les flatteries aussi. Je préfère ton secret. »

Le corbeau, flatté, lui offrit une miette — de fromage, certes, mais aussi de sagesse. (La deuxième ne sentait pas meilleur que la première.)

Le ballon s’étant posé dans un marécage de satin vert, Mister Goupil rencontra un crapaud mal léché et un rat agressif. Le premier pestait contre les contes de fées :

« Toujours des princesses, jamais des crapauds heureux ! »

Le second, queue nerveuse, répliquait :

« C’est la faute du système ! »

Mister Rusé les salua poliment et leur proposa un compromis :

« Si vous ne pouvez être beaux, soyez inoubliables. »

Le crapaud nota la phrase dans un carnet. Le rat, lui, l’inscrivit sur une banderole qu’il préparait pour la prochaine manif.

Sur une colline de velours, il trouva une licorne mélancolique, chaussée de stilettos à réaction.
Elle rêvait de s’envoler, mais tournait toujours en rond, propulsée par ses talons qui pétaradaient comme des feux d’artifice.

« Je cherche un endroit où les rêves ne retombent pas », soupira-t-elle.

Mister Rusé lui tendit son miroir : « Regarde-toi en plus petit. Tu verras, c’est plus léger, et tu pourras enfin décoller. »

La licorne rit pour la première fois depuis des siècles, et s’envola en spirale, laissant derrière elle une traînée d’argent et un doux parfum d’autodérision.

En descendant dans la vallée, le renard tomba sur une manifestation improbable :
Une cocotte sur un char scandait : « Faites l’amour, pas la basse-cour ! » tout en dansant le disco.
À ses côtés, une fleur bavarde prêchait la photosynthèse collective.
Et un ours placide, pancarte à la main, grognait contre la guerre.
Le duo amphibien ouvrait fièrement le cortège avec leur banderole affichant : « Amour pour tous — fin des privilèges sentimentaux monarchiques ! »
Mister Rusé, amusé, monta sur un champignon magique pour les observer d’en haut. Le champignon, vexé d’être pris pour un simple tabouret, alors qu’il connaissait Lucy et ses diamants dans le ciel, s’envola sur-le-champ pour montrer ce dont il était capable. C’est ainsi que Mister Rusé goûta à nouveau les joies du voyage aérien — et de la fuite élégante.

Son périple se poursuivit à bord d’une citrouille de formule 1, conduite par un lapinou hyperactif, qui lui fit découvrir la vitesse et la panique. Ensemble ils croisèrent :
Un lézard barista qui servait du café latte sur les nuages. (Un peu tiède, mais quelle vue !)
Un raton laveur maniaque du repassage.
Un chat botté et un chat souple disputant un concours de torsions.
Plus loin, une pie qui chantait la bande-son du chaos.
Au sommet du voyage, une chouette cultivée referma son livre, hocha la tête, et s’envola à la nuit tombée — preuve que la culture, parfois, prend la fuite à point nommé.
Des sensations fortes, il en eut, certes, mais sa taille ne bougeait pas d’un pouce.

Quand tout semblait n’être plus qu’un rêve (ou une sieste, selon les points de vue), Mister Rusé rencontra un dragon au sang chaud, une grenouille-prince qui attendait qu’on l’embrasse sans conviction, et un raton musicien qui transformait chaque aventure en chanson.

Le raton murmura, en griffonnant sur une feuille de cœur :

« Ce monde est petit, mais nos folies exploratrices sont immenses. »

Le renard acquiesça : il connaissait bien cette loi du mini monde — celle où l’on confond souvent expansion et éparpillement.

Alors Mister Rusé comprit :
Grandir n’était pas une question de taille, mais d’histoire.
Il rangea sa baguette magique, plia sa feuille de cœur, et traversa une porte magique ouvrant sur un horizon cousu de promesses.

On dit que, depuis ce jour, chaque fois qu’un rêveur s’endort sur un motif brodé, Mister Rusé repasse le fil de son aventure dans la toile du sommeil — juste avant de s’assoupir, lui aussi, minuscule et satisfait, entre deux grands éclats de rire.

MERCI

À Alice, au Petit Prince, au Roman de Renart,
à Wallace et Gromit, Lewis Carroll, Saint-Exupéry, Nick Park, La Fontaine, Ésope et aux Frères Grimm...

À ceux qui nous accompagnent au quotidien :
Nos équipes à Paris et Granville

à tous nos intervenants extérieurs :
Fabienne, Linda, nos agents en Corée, au Japon, en Chine

à nos chers revendeurs fidèles au poste
depuis plus de 16 ans !

à nos familles et en particulier nos enfants, jeune génération inspiratrice et leurs amis.

à nos photographes Lucile Casanova et Clément,
notre styliste photo Elissa Castelbou, notre MUA Rika et notre modèle Gabrielle.

À celui.celle qui nous a tendu un tournevis le jour
où nous en manquions cruellement (ceux qui bricolent des décors éphémères de folie comprendront ce que nous voulons dire…)